Envie de démission : réel besoin ou blues passager ?

  

Vous n’en pouvez plus, vous êtes à deux doigts de poser votre dem’ ? Pas de précipitation. On vous aide d’abord à savoir si cette envie d’ailleurs est liée à l’entreprise, à la fonction, à un contexte personnel, ou s’il s’agit d’un blues passager.Depuis combien temps pensez-vous vraiment à quitter l’entreprise ?

Afin de percevoir si le malaise est profond ou s’il s’agit plutôt d’une mauvaise passe qui vous pousse à broyer du noir, dans un premier temps posez-vous la question de savoir à quand remonte cette réflexion. Démissionner est tout nouveau dans votre esprit ? « Peut-être est-il encore possible d’inverser la tendance en modifiant votre comportement », relève Bérangère Touchemann, coach de carrière. Si la situation dure depuis suffisamment longtemps, il est grand temps de réfléchir à sa cause : désaccord avec les valeurs de l’entreprise, pour vous le tour de la question, problème relationnel avec votre supérieur… « Attention aussi au caprice de jeunesse, souligne Véronique Rivera, fondatrice du cabinet Verinis. Les jeunes générations sont parfois impatientes en matière d’évolution de carrière et ne prennent pas en compte le contexte de l’entreprise. »
Sur une échelle de 1 à 10, à quel niveau de satisfaction considérez-vous dans votre travail ?

« Notez plusieurs critères (hiérarchie, contenu des missions, équilibre vie pro/vie privée…) pour évaluer avec pertinence votre niveau de satisfaction et faites en une moyenne, conseille Virginie Loisel, dirigeante du cabinet Coach RH. Refaites le même calcul en réfléchissant à votre situation un ou deux ans en arrière pour le mettre en perspective. » Être dans une échelle de temps permet de constater si cette note a baissée subitement ou si c’est davantage sur la distance qu’elle s’est dégradée. Une méthode efficace pour analyser ce que vous aimeriez changer et surtout, voir s’il est possible d’inverser la tendance. « Pensez à ce qui pourrait vous faire gagner un ou plusieurs points tout en formulant cette réponse avec des verbes d’action pour ne pas prendre en considération uniquement l’environnement contextuel », ajoute-t-elle.
Dans quelle mesure votre vie personnelle influence-t-elle votre vie professionnelle ?

Entre ces deux univers, le sentiment de ras-le-bol général est parfois difficilement dissociable. Comme l’indique Virginie Loisel : « un moral au plus bas amène parfois à tout considérer négativement. Souvent la personne n’identifie pas quel est le véritable élément déclencheur. » Vous avez par exemple l’occasion de devenir chef de magasin mais votre contexte familial vous empêche d’être mobile géographiquement ? « Cela peut vous amener à vous demander si l’herbe n’est pas plus verte ailleurs et à vouloir changer d’entreprise », indique Bérangère Touchemann. Si vous identifiez ce type de problème, réfléchissez à comment faire pour trouver un aménagement en famille avant de tout jeter par la fenêtre.
Si on vous proposait votre job actuel dans une autre entreprise, l’accepteriez-vous ?

Cette question permet tout simplement d’identifier si votre raisonnement est davantage lié à l’entreprise ou au poste en lui-même. Si vous avez passé 15 ans au même poste, vous en avez peut-être fait le tour. Dans ce cas, « un simple changement de fonction peut redonner du peps à votre carrière », témoigne Virginie Loisel. Voire, « envisager une réorientation professionnelle en réinvestissant par exemple vos compétences vers une de vos passions », propose Bérangère Touchemann. Vous êtes ingénieur projet et impliqué dans le milieu associatif, pourquoi ne pas mettre à profits vos compétences auprès d’une ONG ou dans un secteur qui s’en rapproche ?
Vous sentez-vous vraiment capable de prendre cette décision seul ?

Puisqu’il est rarement possible d’avoir un œil critique et objectif sur soi-même, entreprendre un bilan de compétences est l’assurance de prendre du recul et éviter toute réaction compulsive. Objectif : construire votre réflexion plutôt que de franchir un pas que vous pourriez regretter. D’autant que, comme le précise Virginie Loisel : « un candidat qui n’est plus en poste perd l’avantage de la position de force. » Une manière également « de vérifier qu’il ne s’agissait pas tout simplement d’une erreur d’orientation dès le départ, note Bérangère Touchemann. Jeune, il est tout à fait possible de se tromper de voie. Le bilan de compétences permet d’aller réellement au fond des choses et de voir là où vous seriez le plus épanoui. » Car finalement, il n’est pas si simple de répondre seul à ces nombreuses interrogations.

Source : cadremploi

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